Histoires de sculptures


Histoire d'un symposium de sculpture

Me voici invité à Besse Super-Besse en Auvergne pour réaliser une sculpture monumentale en pierre de lave.

Un symposium de sculpture permet à des artistes de se rencontrer pour pouvoir échanger des idées, se donner des informations, partager de bons moments entre sculpteurs et montrer notre travail au grand public.

Le premier jour nous visitons la carrière de pierre de lave de Besse qui a la particularité d’être rose et plus tendre que celle de Volvic.

Pour ma part, je choisi un des plus gros blocs de la carrière afin de me mettre à l'honneur... (4 mètres et 4 tonnes)

Pierre volcanique
Pierre volcanique

Nous installons le bloc en bas du village afin de dégrossir la sculpture.

Je vais pouvoir commencer à faire la base de la sculpture pour la dresser sur pied une fois dégrossie.

Vous pouvez constater sur les dernières photos ci-dessus que j'utilise une hache en guise de coin afin d'éclater la roche pour pouvoir réaliser de grosses chutes et gagner du temps.

Après 3 à 4 jours de dégrossissage sur le bloc, la ville de Besse nous place sur le chemin de ronde afin que les visiteurs puissent admirer l'évolution de notre travail.

Je vous présente le travail de Uli Schwander d’Allemagne participant lui aussi au symposium de sculpture de Besse. 

Je vous présente le travail de Peter d’Angleterre et les fameux rituel du thé.

Voici le travail d' Usgur de Turquie.

Le travail continue et de bon matin, il est bon de se ressourcer, de rectifier les erreurs de la veille et reprendre en main cette oeuvre avant le flux des touristes.

Quelques touristes...

Quelques photos avant la mise en place de la sculpture sur son socle.

Et voila.

L'oeuvre est dédié à la maison de retraite qui est juste derrière la sculpture.

Nous l'avons nommé "Famille".

Je remercie encore la Mairie de Besse pour cette agréable aventure, les habitants, les vacanciers, les enfants, les restaurateurs, les saisonniers et le soleil qui nous a pas quitté durant tout ce symposium.

Une pensé particulière à Marion de l'office du tourisme et à Sylvie adjointe au maire.

Merci à vous.

Histoire de Fatima

Tout commence par le premier coup de fil de Françoise me demandant de réaliser la vierge de Fatima pour une amie à elle qui se trouve en Guyane. Je me souviens encore de ce premier contact qui pour moi a été le fil conducteur de toute cette aventure.

C'est une personne que je n'ai jamais vu d’où je connais seulement son prénom et son diminutif Framboise à qui je voudrais encore remercier infiniment.

Je lui envoie un premier croquis pour savoir dans quelle direction je dois aller pour réaliser ce projet. Mains écartés ou en prière, droite ou en mouvement, jeune ou plus âgé, drapé lourd ou plus léger

Une fois le tour d'horizon fait sur divers chefs-œuvres déjà réalisés, je me suis permis de m'inspirer et de copier plus ou moins ce qui existait déjà avec l’accord de Françoise et de son amie. Me voilà parti pour la réalisation en terre de Fatima.

Pour gagner du temps, les détails ne sont pas nécessaires sur la sculpture, une simple compréhension du rond de bosse suffit pour comprendre le mouvement et de l'aborder directement sur le marbre.

Je donne plus d'information sur le moulage sur une autre commande déjà réalisée.

Un fois que la cliente accepte l'ensemble de l'oeuvre, je valide par un certificat le bon pour accord de la réalisation de l'oeuvre.

Le plus dur à réaliser dans cette sculpture, c'est le drapé qui nécessite beaucoup plus de patience pour réaliser les plies et les finitions.

Finitions aux rifloirs, pierres abrasives et papiers de verre.

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Histoire d'une sculpture monumentale

Voici une petite histoire de sculpteur, qui parle d’une petite sculpture qui mérite d’être racontée en attendant la prochaine.

Une aventure qui commence par un appel à projet de 1% artistique proposé pour la ville de Chambray-Lès-Tours.

Voici la maquette:


L’œuvre à était sélectionnée par l’ensemble d’un jury à l’unanimité pour son audace, par sa pureté, pour sa hauteur, de sa beauté et par la pérennité de la matière.

Me voici parti en Italie, à Carrare, pour élaborer cette sculpture, choisir mon marbre, le faire descendre de la carrière jusqu’à l'atelier et le façonner.

Carrare est une ville incontournable, c’est la Mecque des sculpteurs, c’est notre paradis à nous.

J’ai eu la chance de découvrir cette ville avec un ami pour y étudier et apprendre à façonner ce marbre avec de nombreux maîtres. Les Beaux-Arts de Carrare et la scuela di Marmo Pietro Tacca m’ont permis de choisir une direction artistique que je n’ai plus quitté.

Les carrières de marbre vues de ma chambre.


Tout d’abord, avant de commencer rien de tel que de revoir ses amis au tour d’un bon repas.

Après une bonne semaine de préparation, voici l’endroit où je vais réaliser cette œuvre.

Rafaelo Il capo à votre droite, celui qui va m’aider à couper les blocs dans leurs dimensions respectives.


La livraison des blocs par camions venus de la carrière, il a fallu 3 heures pour les acheminer jusqu’à l’atelier.

Trois camions de ce type pour descendre la quantité de marbre nécessaire à la sculpture. Le déchargement des blocs, la vielle grue des années quarante n’a pas pu les soulever donc une entreprise spécialisée dans le grutage a participé à cette aventure. Pour information le bloc fait plus de 22 tonnes, vérifiez la plaque de la grue !

Surélevé de quelques centimètres le camion peut enfin se dégager de son fardeau et le tour est joué, enfin presque…

Le bloc est enfin prêt pour passer à la mono-lame et être coupé aux dimensions souhaitées.


La mono-lame est une machine qui permet de couper un bloc de pierre aux dimensions souhaitées, de gagner énormément de temps à l’équarrissage et de récupérer des chutes. Certes, la mono-lame que vous voyez a le même âge que la grue, légèrement archaïque mais elles au moins ne sont pas soumises à l’obsolescence contrôlée…


Voici la première pièce de l’œuvre posée sur une plaque de granit de niveau. Des mesures ont été dessinées sur le model afin de pouvoir les reproduire sur le bloc capable. Les tracés des axes et les divisions sont importantes afin d’éviter la moindre erreur.

Sur votre droite, voici la technique et le secret de fabrication de cette œuvre pour les érudits.


C’est l’heure de la collation, un panini, deux oranges et 2,5 litres d’eau par jour afin de tenir la chaleur insupportable de l’été. Par chance à Marina-di-Carrara, la brise de la mer rafraichit l’air ambiant de la journée, toutefois il est conseillé de commencer très tôt.


Le sculpteur a tendance à aimer la poussière, le bruit, la chaleur, le froid, la fatigue, les courbatures, les coups de soleil mais aussi une bonne bière en fin de journée.


Tout l’ensemble de l’œuvre a été réalisé couché afin de ne pas supporter le poids de la disqueuse et d’être à hauteur de travail. Chaque face réalisée est irrémédiablement finie pour minimiser le coût de la grue qui permet de tourner le bloc.

Première pièce finie et mise de côté.

Deuxième pièce juste sur le point d’être débitée après un gros orage. Profitons de l’eau sur la pièce pour  voir réellement la couleur du marbre mais pas seulement. C’est là une phase importante à ne pas négliger afin de vérifier la qualité du marbre.

Pour info, les blocs sont achetés tels quels, cela veut dire qu’à aucun moment le sculpteur ne pourrait se retourner envers celui qui le lui a vendu, même si il y a une fissure ou une veine noire à l’intérieur du bloc qui compromettrait le projet.


Toujours pour gagner du temps la mono-lame, outil indispensable.

Vous pouvez apercevoir les dents en diamant qui servent à trancher la pierre.


Une autre technique qui aurait pu me faciliter le travail, c’est celle du fil diamanté qui m’aurait permis de garder de grosses chutes comme celle de la photo ci-dessus. 



Je ne vous mets pas toutes les photos de la réalisation de l’œuvre histoire de garder un peu d’intrigue mais grosso modo c’est le même travail pour toutes les autres pièces avec quelques trucs en plus.


L’heure est venue de placer des gougeons en inox de haute qualité à 50 cm de longueur et de 4 cm de diamètre.

Les carottages de 25 cm de profondeur s’effectuent sur chaque pièce à l’horizontale. Trois prises sont suffisantes pour sceller les pièces entre elles, deux restent faibles car elles peuvent balloter sur le côté et une n’est jamais suffisante pour la stabiliser. Soyez conscients que votre sculpture peut tomber sur n’importe qui si vous ne prenez pas de précautions. (Ex. : un camion peut la percuter, un tremblement de terre peut la faire tomber, un enfant en grimpant dessus…)


La résine que j’utilise est pratique pour sa rapidité à durcir et sa texture en patte qui permet d’éviter de couler.


L’emballage a été réalisé par une entreprise spécialisée afin que je puisse les transporter en toute sécurité et la particularité de cet emballage c’est qu’il pourra servir à manipuler les pièces sans tordre les gougeons et de faciliter la mise en place des pièces à leur emplacement definitif.

Un film de plastique les recouvreront pour les protéger de la poussière et de la pluie durant le transport.


Quelques courbures pour le plaisir des yeux.

A ce stade, la sculpture est prête et l'envie de la voir monté me monte à la Tête.

C'est la frustration total de ne pas pouvoir la contempler, voir les imperfections, la réajuster, solutionner peut être quelques problèmes avant de partir.

Certain me dise de l’installer avant de partir, mais mon budget ne me le permet pas.

Une grue coûte énormément chère donc j'ai du garder le suspense jusqu'au bout.

Une fois le transport réalisé, il a fallu stocker les pièces dans les ateliers municipaux de la mairie afin de résoudre quelques détails administratifs survenu en cours du chantier.


Une étude de sols à était réalisé afin de concevoir la base en béton armé.

Une note de calcule des forces faite par un bureau d'étude nous a permit de prendre toute les mesures de précaution pour établir l'ensemble de l'oeuvre.

Tout cela validé par l'APAVE, un organisme de sécurité qui maîtrise les risques.

Sur la base béton réalisée, vous pouvez apercevoir les chambres de réception pénétrant dans la dalle pour accueillir les pièces de l'œuvre et trois sorties d'électricité afin de placer les spots LED basse consommation. 

Quelques graminées on étaient ajoutés autour de l'oeuvre.

Evidemment, elles ne donnent pas trop d'importance pour le moment mais en attendant je n'ai que ça à vous montrer.


Merci à tous ceux qui m’ont aidé pour ce projet.

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Histoire d'un nu

histoire d'un symposium de sculpture

Me voici invité à Besse Super-Besse en Auvergne pour réaliser une sculpture monumentale en pierre de lave.

Un symposium de sculpture permet à des artistes de se rencontrer pour pouvoir échanger des idées, se donner des informations, partager de bon moment entre sculpteur et montrer notre travail au grand public.